Victime d’injustice et de répression antisyndicale




Bouamrirene Mohamed , ancien employé de MI SWACO / M-I ALGERIA SPA (société multinationale activant dans le secteur pétrolier à Hassi Messaoud, sud de l’Algérie) de 1997 à avril 2004 -date de son licenciement abusif-, livre son modeste témoignage. Il s’exprime publiquement car l’arbitraire dont il a été personnellement victime est directement lié à sa tentative de formation d’une section syndicale autonome et espère ainsi alerter l’opinion et notamment les ONGs et défenseurs des droits de l’homme et de la liberté syndicale quant aux méthodes illégales employées en Algérie à l’encontre des syndicalistes autonomes, et ce, en toute impunité.

J’ai l’honneur de vous exposer brièvement mon cas qui résume les injustices dont je fus l’objet en raison de l’arbitraire qui a grandement affecté ma situation et mes droits, voire même ma famille qui n’a pas été épargnée.L’hégémonie et les pouvoirs dont jouissent mes supérieurs ainsi que les parties concernées (les autorités algériennes) ont permis les violations de mes droits de citoyen algérien outre les violations de mes droits professionnels et administratifs que je souhaite exposer ci-dessous.

Je fus en mars 2003, l’initiateur de la constitution d’un syndicat de travailleurs au sein de la société conformément aux lois de la république consacrées par la Constitution algérienne, et je fus largement soutenu par les travailleurs dans cette initiative; chose qui avait déplu aux décideurs au sein de ladite société qui ont alors tout fait pour écarter les travailleurs. Je suis devenu à leurs yeux, une sorte de menace pour leur société alors que je n’étais qu’un simple travailleur qui luttait pour le recouvrement de ses droits et les droits professionnels des travailleurs violés par une administration qui sait parfaitement esquiver la loi et les hommes.

En effet, je n’ai cessé, durant presque une année, de recevoir des ordres et de subir des pressions de la part de mes responsables afin de procéder à des opérations comptables douteuses en contrepartie de sommes d’argents qu’ils touchaient à leur profit et en ayant recours à des moyens illégaux. Puisqu’ils voulaient m’impliquer dans des affaires illégales et ce afin de me piéger et d’une certaine manière de se débarrasser de moi en mettant en échec la formation de la section syndicale.

Pour rappel, je vous informe que j’ai occupé au sein de ladite société deux postes à la fois, magasinier relevant du département de logistique et agent administratif au département de l’administration. Etant donné l’importance de la responsabilité qui m’incombait, j’ai fait ce que je me devais de faire afin de défendre mes droits. J’ai toujours refusé, dans le cadre de mon travail et de par mon éducation, leurs demandes et ordres illicites qui étaient naturellement en contradiction avec mes fonctions.

Je fus donc licencié de mon travail par un coup monté alors que j’étais en congé de récupération. Je fus objet de dérision de la part des responsables étrangers qui ont porté atteinte à ma dignité avec la complicité de leurs partisans algériens, puisqu’ils ont inventé de fausses accusations afin de justifier le licenciement. Leur fausse accusation était donc que j’aurais falsifié des documents officiels, tout ceci s’opérant bien entendu sans preuve, sans prendre aucune mesure officielle, et sans porter plainte contre moi devant les juridictions compétentes pour prouver l’acte d’usage de faux puni par la loi. Le plus étonnant est que cet incident était prémédité et en violation de mes droits au respect et à l’autodéfense ; vu que je fus empêché de parler, malgré mes tentatives d’ouvrir la voie au dialogue et d’en débattre, par les responsables et l’administration de la société.

A cet effet, la société multinationale, en l’occurrence M-I SWACO, commet des abus à l’encontre des travailleurs algériens qui sont impuissants pour se défendre, viole leurs droits reconnus par la loi et la Constitution et les exploite au point de les asservir. Elle a également recours à la discrimination entre les travailleurs dans le domaine du travail en termes de salaires et de conditions de travail. Tout travailleur désireux de réclamer ses droits légitimes ainsi que de s’engager pour la création d’un syndicat sera considéré comme élément perturbateur et sera par conséquent licencié. Les responsables de cette société menacent en effet tout travailleur qui pense à l’engagement syndical contre les atteintes à la dignité et aux droits des travailleurs dans la société sous le silence terrible des autorités algériennes, ce qui nous a conduit à réaliser que le problème ne réside pas dans le simple fait que les sociétés étrangères enfreignent les lois et commettent des dépassement à l’encontre des travailleurs algériens mais avant tout dans le fait qu’elles s’octroient le droit de les commettre ; puisqu’elles pensent qu’ils méritent que leurs droits professionnels et humains soient violés pour avoir voulu seulement constituer des syndicats de travail qui défendent leurs droits consacrés par la loi, la constitution et le droit international.



Le président Bouteflika hospitalisé à Paris

Samedi 27 avril 2013

Papier actualisé. Le président de République, Abdelaziz Bouteflika, a fait samedi à 12h30 un accident ischémique transitoire sans séquelles , a annoncé le directeur du Centre national de la médecine
sportive, le professeur Rachid Bougherbal, cité par l’agence APS. "Les premières investigations ont été déjà entamées et son excellence le président de la République doit observer un repos pour poursuivre ses examens", a-t-il ajouté, tout en rassurant que son état de santé "n’occasionne aucune inquiétude", selon la même source.

Les explications d’un neuropsychiatre :

Interrogé par TSA, le docteur Larbi Tefahi, neuropsychiatre, explique : « Un AIP est un accident souvent sans conséquences. C’est un vaisseau qui s’est serré puis s’est relâché. Les organes en amont souffrent mais généralement c’est sans conséquences pour le sujet. Ce type d’accidents est fréquent chez les personnes hypertendues et les personnes âgées avec un facteur anxieux ».

Sellal rassure sur l'état de santé du Président

Le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, a rassuré samedi depuis Bejaia sur l’état de santé du président de la République, Abdelaziz Bouteflika, affirmant que son état de santé "n’est pas du tout grave". "Il y a quelques heures, le Président a eu un petit malaise et a été hospitalisé mais sa situation n’est pas du tout grave", a déclaré M. Sellal lors de sa rencontre avec les représentants de la société civile, dernière étape de sa visite de travail dans la wilaya de Bejaia.

Bouteflika hospitalisé à Paris

Abdelaziz Bouteflika a été hospitalisé samedi soir à l’hôpital militaire parisien du Val-de-Grâce. « Le président de la République, M. Abdelaziz Bouteflika, a été transféré samedi en fin d'après-midi à Paris, pour y effectuer des examens complémentaires, sur recommandations de ses médecins traitants », a indiqué l'agence APS, citant une source médicale.  

Bien que son état général soit stable et « ne suscite pas d'inquiétude particulière », ses médecins lui ont prescrit des examens complémentaires ainsi que quelques jours de repos, a précisé cette source médicale. Selon la radio RTL, M. Bouteflika, sous grosse escorte policière, a été hospitalisé samedi soir à 21H au Val de Grace à Paris. 

Chakib Khelil, un vrai bad boy

vendredi 26 avril 2013


Alors que s’égrène l’affaire Sonatrach en plusieurs épisodes et que les enquêtes nourrissent un violent pugilat entre clans au pouvoir, l’homme par qui le scandale arriva, le prince des ténèbres de l’or noir, reste hors d’atteinte. Retour sur le fabuleux destin de Chakib Khelil.

A. Antinationale. La politique de Chakib Khelil a été qualifiée d’antinationale et contraire aux intérêts supérieurs de la nation. Plusieurs milieux politiques, Parti des travailleurs en tête, ont alerté l’opinion sur le comportement de ce ministre qui, pour un temps, paraissait insensible à toutes les critiques. Pour Louisa Hanoune, Chakib Khelil a créé «un émirat» en Algérie. Une principauté qui semblait ouverte à beaucoup de monde. Khelil a entraîné Sonatrach dans une instabilité chronique avec des changements à répétition des dirigeants. Chakib Khelil, qui a fait appel à ses proches pour occuper des postes sensibles au sein de Sonatrach, a appliqué une politique salariale dépassant toutes les limites. De très gros salaires ont été accordés à une certaine catégorie de cadres, méprisant le reste du personnel, à commencer par les cadres intermédiaires jusqu’aux agents de sécurité. Tous les cadres de Sonatrach parlent d’une dame, qui s’occupait théoriquement des ressources humaines, qui avait tous les pouvoirs, droit de vie et de mort au sein de la première entreprise du pays, grâce à la protection de Chakib Khelil.

B. Banque mondiale. Chakib Khelil a exercé à la Banque mondiale, à Washington, à partir de 1978. Il a été chargé de suivre l’évolution du secteur de l’énergie dans les pays de l’Amérique du Sud. Il y reste jusqu’à 1999, date de l’arrivée au pouvoir de Abdelaziz Bouteflika. Natif de la même région que lui, le chef de l’Etat fait appel à Chakib Khelil alors en procédure de retraite de la Banque mondiale. Chakib Khelil restera pendant onze ans ministre de l’Energie et des Mines et accessoirement PDG de Sonarach, bénéficiant donc de deux salaires et des primes. Prié de quitter son poste après l’éclatement du scandale Sonatrach, Chakib Khelil se rend presque heureux à Londres pour travailler dans une agence de consulting énergétique, Ame Trade Ltd, qui oriente ses activités vers l’Afrique subsaharienne et au Moyen-Orient. Ame Trade organise notamment des expositions, foires et événements dans le secteur. Elle assure aussi des programmes de formation. Le responsable de cette agence a participé, au nom d’une autre entreprise, à l’organisation du GNL 16 à Oran en avril 2010, un événement qui a coûté très cher à l’Algérie. A Vienne, en Autriche, Chakib Khelil, qui connaît parfaitement le milieu des affaires, crée, en février 2012, la société CGKL Associates avec l’Irakien Issam Chalabi, le Libyen Ghanem Choukri et l’ancien ministre de l’Energie du Nigeria, Rilwanu Lujman. CGKL devait faire du consulting pour le compte des grandes compagnies au monde et des Etats. Les activités de CGKL ont été gelées après la mort suspecte de Ghanem Choukri. Depuis, Chakib Khelil s’est redéployé ailleurs. Il aurait été recruté par la firme canadienne Wilton Ressources.

C. Chakaba. C’est le nouveau verbe en arabe inventé par les jeunes sur les réseaux sociaux. Chakaba signifie voler en arabe. Ce terme est supposé être plus fort que saraka puisque chakaba concerne les millions de dollars, pas des 200 ou 500 dinars volés au marché de légumes !

D. DRS. Le Département de renseignement et de sécurité (ex-Sécurité militaire) aurait procédé à des perquisitions dans le domicile de l’ex-ministre de l’Energie et des Mines. Cette information a été entourée de secret. Saura-t-on tout sur les richesses de Chakib Khelil ? Ou s’agit-il d’une simple opération de routine ?

E. Etats-Unis. Durant les dix dernières années, Chakib Khelil a procédé à plusieurs placements bancaires. Selon l’hebdomadaire Jeune Afrique, Chakib Khelil a acquis trois propriétés dans l’Etat du Maryland (nord-est des Etats-Unis). Le montant de la transaction est estimé à 2,1 millions de dollars. Aux dernières nouvelles, ces acquisitions ne seraient que la partie visible de l’iceberg.

F. Fuite. Présent en Algérie lors de l’éclatement du scandale Sonatrach II, à travers la presse italienne relayée par la presse algérienne, Chakib Khelil est resté plusieurs jours à Oran. Il a ensuite pris la fuite, fin mars 2013, au lendemain d’une perquisition aux domiciles de plusieurs hauts cadres de Sonatrach. Il serait parti en Suisse, l’eldorado des fortunés algériens.

G. GNL 16. En avril 2009, la Conférence internationale du gaz (GNL 16) a eu lieu à Oran. 3000 participants. Deux bateaux-hôtels ont été loués pour l’occasion. Des bateaux qui ont accosté au port d’Oran pendant plusieurs jours. L’organisation de cette conférence a, selon des sources, coûté 800 millions de dollars. «Même si cette rencontre a été organisée dans les plus beaux hôtels d’Europe, elle n’aurait jamais coûté autant», a estimé un expert. Faut-il parler de surfacturation ? Possible.

H. Hydrocarbures. Chakib Khelil a voulu imposer la controversée loi sur les hydrocarbures malgré les critiques des experts et de certains partis. A l’intérieur du gouvernement, Noureddine Yazid Zerhouni, ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales, n’avait pas caché son refus et son désaccord par rapport à ce texte. La loi, selon plusieurs spécialistes, visait à mettre sous contrôle étranger tous les gisements de gaz et de pétrole de l’Algérie. Reste une question : pourquoi le président Bouteflika a-t-il accepté avant de revenir sur sa décision ? Adoptée en 2005, cette loi a été retirée en 2006, sans aucune explication à l’opinion publique.

I. Investigations. The Federal Bureau of Investigations (FBI) américain s’intéresse de près à Chakib Khelil. Le FBI, qui possède une représentation à Alger (qui couvre le Niger et la Tunisie également), enquête sur l’origine de la fortune de Chakib Khelil. L’intérêt vient du fait que l’ex-ministre algérien de l’Energie est un citoyen américain. Cependant, la base de données du FBI, mise en ligne sur internet, ne mentionne nulle part le nom Chakib Khelil. Il ne s’agit probablement que de procédures d’information préliminaires sur les acquisitions de l’ex-ministre algérien en territoires américains et en zones off-shore (voir lettre E).  

J. Je. «Je ne suis rien à côté de Chakib Khelil, à qui je ne pouvais rien refuser : il jouissait de la protection du n° 1 (...) Je n’ai fait qu’exécuter les ordres de Chakib Khelil.» La déclaration est de Mohamed Meziane, ex-président-directeur général de Sonatrach. Aveux faits devant des enquêteurs après l’éclatement de l’affaire Sonatrach en 2010. Le n°1 évoqué par Mohamed Meziane n’est autre que le président Abdelaziz Bouteflika lui-même. Mohamed Meziane est sous contrôle judiciaire depuis 2010, pas Chakib Khelil, libre comme l’air ! L’ex-ministre a donné ordre à l’ancien patron de Sonatrach de signer un marché de gré à gré avec la société allemande Kontal pour un projet de «protection électronique». Kontal a, dans la foulée, donné des cadeaux aux fils de Mohamed Meziane et, bien entendu, à l’ex- ministre de l’Energie.

K. Khalifa. Beaucoup l’ignorent, mais même Chakib Khelil a «mangé» dans la main de l’ex-golden-boy des hauteurs d’Alger. Il fut à plusieurs reprises invité par ce dernier à des dîners gala, bien arrosés. D’après d’anciens employés de Abdelmoumen Khalifa, l’ex-ministre de l’Energie aurait même touché des rétributions en mains propres. Généralement pour des services rendus. On dit que l’homme est riche, mais apparemment pas assez pour éviter de tendre la main pour quelques «milliers d’euros» en plus, des poussières d’or !    

L. Laisser-aller. Chakib Khelil était un ministre hyper présent dans la gestion de l’entreprise Sonatrach. Ce qui ne l’a pas empêché de dénoncer et de mettre fin à des pratiques qui mettent le fonctionnement de l’entreprise en danger. Au-delà des affaires de corruption, l’ex-ministre ne s’est jamais élevé contre le grave problème de pléthore au sein de Sonatrach ou encore la fuite des compétences. Il ne faut pas oublier que c’est l’homme qui a déclaré : «Celui qui veut quitter Sonatrach, eh bien il n’a qu’à le faire, on en recrutera d’autres…» A l’époque de Chakib Khalil, les revendications salariales n’avaient pas d’oreille attentive.

M. Marché. Marché de gré à gré. Sonatrach, du temps où Chakib Khelil était à sa tête à titre provisoire, a signé plusieurs contrats de ce type avec Clearlogic Inc qui est basée à Haddonfield, au New Jersey, aux Etats-Unis. Pourquoi cette entreprise ? Il se trouve que Clearlogic Inc est propriété à 60% de la famille Khelil. L’ex-ministre, son fils Sina et son épouse Najat Arafat (d’origine palestinienne) sont actionnaires dans cette entreprise. Clearlogic Inc agissait en coordination avec Brown and Root-Condor (BRC) (voir la lettre X). Les relations publiques de Clearlogic sont assurées par Jennifer Lynn Khelil, épouse de Sina.

N. Network. Réseau. Chakib Khelil, aidé par son fils Sina, son épouse Najat Arafat, sa belle-fille Jennifer Lynn, ses anciens collègues de la Banque mondiale, a constitué un vaste réseau d’affaires en Europe, au Moyen-Orient, en Amérique du Sud et en Afrique. Entre Londres, Paris, Washington, Toronto, Rome, Tripoli, Dubaï, Chakib Khelil a tissé au fil des ans des relations d’affaires. L’argent distribué grâce à la formule du gré à gré au ministère de l’Energie et des Mines a valu à l’ancien membre du gouvernement algérien une estime du milieu du consulting pétrolier. Il se fait inviter à toutes les conférences, rendez-vous, rencontres, symposiums, expositions… Le retour d’ascenseur !

O. Oujda. Chakib Khelil est né dans cette ville du Maroc oriental le 8 août 1939. Oran et Tlemcen seront les deux autres villes d’adoption. Il existe sûrement des ressemblances quelque part. A Oran, Chakib Khelil possédait une belle villa sur la corniche, un appartement F4 à Aïn El Turk et un lot de terrain à Arzew. Les trois propriétés auraient été vendues dans la précipitation entre février et mars 2013.

P. Pleasant. Bob Pleasant serait «le juriste» américain que Chakib Khelil a recruté au ministère de l’Energie et des Mines dès son installation à ce département avec l’arrivée de Abdelaziz Bouteflika au pouvoir en 1999. Cet homme, qui aurait travaillé à la Banque mondiale, a contribué à l’élaboration de plusieurs textes de loi durant «le règne» de Chakib au ministère de l’Energie. Il aurait reçu la somme de 2 millions de dollars pour «confectionner» la fameuse loi sur les hydrocarbures. Aux Etats-Unis et au Canada, il existe plusieurs personnes qui portent ce nom de Pleasant entre Bob, Robert et Bobby. L’ami de Chakib Khelil aurait plus de 65 ans, son profil n’existe nulle part. Curieux !

Q. Question. Un journaliste a posé cette question à l’ex-ministre de l’Energie et des Mines : «Est-ce que l’Algérie exploite et exporte du diamant ?» Réponse de Chakib Khalil : «Je ne sais pas de quoi vous parlez.» Le journaliste relance : «Est-ce que l’Algérie est signataire du Processus de Kimberley prônant la non-exploitation et la vente de diamants issus des conflits armés ?» Réponse du haut responsable : «Vous vous intéressez à des choses plus grandes que vous !» A l’époque, Chakib Khalil était à l’apogée de sa «puissance», quelques mois avant l’éclatement de l’affaire Sonatrach. Et, bien entendu, les questions du journaliste restent sans… réponse.   

R. Résidence Chaâbani. C’est dans cette résidence au Val d’Hydra, à Alger, que Chakib Khelil a acquis deux luxueux appartements pour y résider. Ceci lui évitait, dit-on, de longs déplacements quotidiens puisque le siège du ministère de l’Energie et des Mines est à côté. De là à croire que l’ex-ministre pensait à l’économie de carburant en achetant ces deux appartements, ça serait croire à la présence de l’eau sur Neptune ! Les deux appartements auraient été, aux dernières nouvelles, vendus contre la somme de 30 milliards de centimes.

S. Saipem. Une entreprise italienne connue pour ses combines et pour la pratique des pots-de-vin. Cette entreprise a eu tous les privilèges grâce au payement de commissions dépassant les 200 millions de dollars à Chakib Khelil et à de hauts responsables du ministère de l’Energie et des Mines. Le nom de l’ancien ministre des Affaires étrangères, Mohamed Bedjaoui, a été cité. Il s’est vite défendu dans un texte publié dans la presse : «Je n’ai jamais eu un quelconque rapport avec l’ENI ou la Saipem ou l’une de leurs filiales, ni en Algérie ni à l’étranger. La presse italienne et internationale qui s’est fait l’écho de documents officiels d’enquête contre l’ENI ne s’est jamais hasardée à dire que je suis personnellement concerné par cette enquête.» Le neveu de Mohamed Bedjaoui, Farid Bedjaoui, un redoutable intermédiaire, a été cité à plusieurs reprises dans le dossier ouvert par la justice italienne. Chakib Khelil n’a, lui, rien dit. Depuis le début des «affaires» Sonatrach et autres, l’ex-ministre de l’Energie a opté pour la stratégie du silence.

T. Twin Towers. Chakib Khelil voulait ses tours jumelles pour installer les bureaux du ministère de l’Energie et des Mines. Il est parti, elles ne se sont pas écroulées. Et encore !  Ces deux bâtisses, peu esthétiques malgré l’effort des concepteurs, sont construites sur un terrain marécageux au Val d’Hydra. Tous les spécialistes connaissent le problème de ce terrain. Mais Chakib Khelil et ses nombreux conseillers ne voulaient rien savoir. Il y a de l’argent, pourquoi s’en priver ! La construction de ces deux bâtisses a, d’après plusieurs rapports, engendré des surcoûts. Il n’existe aucune donnée précise sur l’enveloppe dégagée pour ce projet. Le jour de l’inauguration, Bouteflika n’a pas résisté à dire à son ministre de l’Energie : «Tout ça pour ça !» Trois petits tours et puis s’en vont !

U. USA. Chakib Khelil est citoyen américain. Il a fait ses études à la Texas A&M University où il a obtenu son doctorat en ingénierie pétrolière en 1968. En 1970, Chakib Khelil revenait en Algérie pour travailler à Sonatrach à la direction de la valorisation des hydrocarbures. Il s’occupait de la prospective pétrolière et gazière. Pour la petite histoire, Chakib Khelil avait commencé ses études en France en 1959 grâce à une bourse accordée par le FLN.

V. Vierges. La moitié de ces îles, qui appartiennent à la couronne britannique, abritent fiscalement Sonatrach Petroleum Corporation (SPC), boîte off-shore de Sontarach qui a fait l’objet d’un redressement fiscal par les autorités de Londres. Chakib Khelil, qui a visité plusieurs fois la capitale britannique, n’en a jamais parlé. Cette affaire est tenue au secret.

W. Watt. Chakib Khelil, c’est connu, a bloqué l’investissement de Sonelgaz dans le secteur de l’énergie électrique. Que des kilowatts manquaient au pays, ça laissait le ministre indifférent. Il était pris dans une drôle de logique, en déphasage avec les réalités socioéconomiques de l’Algérie. Le pays était souvent plongé dans le noir. Des délestages partout. Des émeutes et des manifestations des citoyens. Chakib Khelil pensait pousser son idée jusqu’au bout, rassuré par le parapluie présidentiel : obliger l’Etat algérien à ouvrir le marché de la production et de la distribution de l’électricité aux étrangers. Il n’a pas réussi, mais l’Algérie enregistre aujourd’hui un immense retard en matière d’infrastructures électriques. Ce qui n’a pas marché avec les hydrocarbures, Chakib Khelil voulait l’imposer dans la production de l’électricité.

X. X. Inconnu. Mystère. L’affaire Brown and Root-Condor, une joint-venture entre Sonatrach et la firme américaine Halliburton, a été rapidement dissoute par Chakib Khelil. Le motif de cette décision précipitée est d’effacer toute trace de surfacturation sur de nombreux marchés établis entre le ministère de la Défense et Sonatrach. Les détails de ces contrats demeurent toujours non connus du public. «Sonatrach est un grand corps, malade cependant, car gangrené par la corruption. Très rares sont les contrats de réalisation de projets, d’achat de matériel ou de prestations de services qui ne font pas l’objet de versement de pots-de-vin», a soutenu Hocine Malti, ancien vice-président de Sonatrach (entre 1972 et 1975) et consultant international. Le dossier BRC serait lié à une affaire d’espionnage. D’où l’opacité entretenue autour du scandale.

Y. Yousfi. Youcef Yousfi, le successeur de Chakib Khelil au ministère de l’Energie et des Mines, est-il Monsieur propre ? N’a-t-il donc rien à se reprocher lui qui ne dit rien publiquement sur son prédécesseur ? Cet ancien président-directeur général de Sonatrach, ancien directeur de cabinet à la présidence de la République, ancien président de l’OPEP et ancien ambassadeur d’Algérie au Canada et en Tunisie, ne semble pas laisser le microcosme d’Alger indifférent. On lui prête aussi de petites affaires, exécutées en toute discrétion, comme la construction d’une clinique, dirigée par son épouse, dans des conditions peu claires. Youcef Yousfi, comme la plupart des ministres, n’a pas fait sa déclaration patrimoine. Mais il y a une constante : Sonatrach,  c’est la roue de la fortune !

Z. Zéro. Transparence Zéro. Chakib Khelil communiquait beaucoup. Malgré qu’il occupait plus que d’autres ministres les espaces médiatiques, Khelil donnait peu d’informations utiles à la presse. Les journalistes algériens lui ont souvent reproché de favoriser les médias étrangers quand il s’agissait de communiquer des nouvelles d’importance, notamment lorsqu’il était à la tête de l’OPEP. A Oran, en mars 2010, lors du déroulement du sommet de la 15e réunion de l’OPEP, les médias étrangers étaient les premiers à donner l’information sur la baisse de production. La chargée de la communication, toujours en poste, a marginalisé la presse nationale et favorisé l’accès aux réunions de l’OPEP aux journalistes étrangers. Sur instruction de Chakib Khelil ? Les journalistes algériens ont protesté contre ce comportement, considérant cet épisode comme une preuve de plus du mépris des responsables algériens envers la presse nationale. Au ministère de l’Energie, l’opacité est une culture !       

Les portes de l’ugta leur sont restées fermées Les avocats empêchés de tenir leur AG à la centrale syndicale

jeudi 25 avril 2013

Ils étaient des dizaines d’avocats à avoir répondu, hier, à l’appel du bureau du conseil de l’Ordre d’Alger, pour prendre part à une assemblée générale extraordinaire prévue à la centrale syndicale.

A leur grand dam, ils n’ont pu accéder à la salle de conférences. Les responsables de l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA) ont exigé d’eux une autorisation de la wilaya. «Nous avons toujours tenu nos assemblées à la salle de conférences de la centrale et jusqu’à ce matin, il n’a jamais été question d’autorisation. Notre assemblée est purement professionnelle, elle n’a rien de politique pour qu’elle fasse l’objet d’une quelconque autorisation. Mais nous allons la demander et si nous ne l’obtenons pas, nous serons dans l’obligation de sortir dans la rue pour nous faire entendre…», déclare Me Abdelmadjid Sellini, bâtonnier d’Alger, lors d’un point de presse animé sous une pluie battante sur le perron de la centrale syndicale, entouré des membres du bureau qui ont appelé à cette assemblée, en réaction à l’incident qui a eu lieu jeudi dernier entre Me Sellini et le juge Tayeb Hellali, en pleine audience du tribunal criminel.

Le refus du juge à donner acte à l’avocat ainsi que les écarts de propos qui ont suivi ont suscité la colère aussi bien des robes noires que des magistrats, dont le syndicat a été sollicité. Si du côté de cette organisation, la convocation du bureau national a été lancée, les avocats, après plusieurs réunions, ont décidé de tenir une assemblée générale extraordinaire pour interpeller les autorités sur ce qu’ils qualifient de «graves atteintes» au droit de la défense.

Hier, le refus de la centrale syndicale de leur accorder la salle de conférences a exacerbé la contestation et suscité les craintes des uns et des autres de voir cette crise s’installer dans la durée. «A travers ce refus, ils veulent empêcher toute une corporation à s’exprimer sur les conditions de travail dans lesquelles elle exerce son métier», déclare Me Sellini. Interrogé sur la rencontre qu’il a eue la matinée (hier) avec le président de la cour d’Alger et le procureur général près la même juridiction, en présence du juge Tayeb Hellali, le bâtonnier répond : «Je refuse que le problème soit celui de Sellini et de Tayeb Hellali. L’incident de jeudi dernier n’est que la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Nous ne pouvons plus exercer notre métier de défendre le justiciable dans des conditions en dégradation continuelle.

Lorsque les droits du justiciable sont quotidiennement brimés par le refus du juge de le laisser s’exprimer, le mauvais accueil, la partialité du magistrat, etc., il faut s’attendre au pire. L’avocat ne peut plus défendre…», souligne Me Sellini. Selon lui, toute la réforme de la justice, sur laquelle a travaillé le défunt Me Issad, a été totalement mise de côté. «Après 38 ans d’exercice du métier, je me rends compte que la justice a terriblement régressé. Je vous défie de trouver un juge d’instruction qui prononce un non-lieu, une chambre d’accusation qui annule les décisions du juge ou un jugement de première instance non confirmé par la cour. La présomption d’innocence a disparu pour laisser place à la présomption de culpabilité. Tous les justiciables sont coupables jusqu’à ce qu’ils prouvent leur innocence. C’est contre cette justice que nous nous battons et que nous dénonçons aujourd’hui. L’assemblée générale a été convoquée pour montrer justement qu’il ne s’agit pas d’un problème personnel entre un juge et un avocat, mais plutôt d’un profond malaise que la corporation vit depuis des années.»

Le bâtonnier reconnaît que cette situation n’est pas vécue par l’ensemble des barreaux d’Algérie. Et d’affirmer : «Il est vrai qu’ailleurs, dans d’autres juridictions, lorsque nous allons pour plaider, nous découvrons un autre monde. Les conditions diffèrent par rapport à la capitale où les magistrats traitent 200 à 300 dossiers. Mais cela ne doit pas être un argument pour justifier la dégradation des conditions de travail. S’il faut doubler le nombre de chambres à la cour d’Alger, il faut y aller parce que la capitale n’est plus ce qu’elle était il y a 20 ans. Il y va de la crédibilité de la justice. Nous voulons que le justiciable puisse sortir satisfait de la décision qui est rendue en son nom.

Trouvez-vous normal que dans nos tribunaux, des justiciables se lacèrent le corps, se jettent par la fenêtre ou s’en prennent violemment au juge qui prononce une décision ? Il y a un grave problème d’absence de confiance en la justice. Il faut que les plus hautes autorités du pays se rendent compte de cette situation et réagissent le plus rapidement possible. Nous ne pouvons plus cautionner de telles dérives.»

Interrogé sur la position de la chancellerie par rapport aux problèmes posés depuis des années, Me Sellini révèle que des parties, qu’il ne nomme pas, sont en train de manipuler et de détourner l’attention de l’opinion publique pour donner une mauvaise image des avocats et «surtout parasiter les efforts du ministre à apporter un plus pour le secteur». Le bâtonnier fait l’éloge de l’actuel ministre, tout en s’attaquant à son prédécesseur qui, selon lui, «ne faisait que dans les promesses».

En tout état de cause, les avocats, après avoir été empêchés de tenir leur assemblée générale, ont fini par se disperser après plus de deux heures d’attente. Ils devront se regrouper le 11 mai prochain, bien sûr au cas où leur réunion sera autorisée.

Affaires de Corruption Saïd Bouteflika est-il impliqué ?

mercredi 24 avril 2013

Durant des années, Alstom et General Electric, entre autres groupes étrangers, ont été favorisés par les plus hautes autorités du pays. Si Chakib Khelil n’a pas été inquiété jusqu’ici, c’est parce qu’il risquerait de révéler l’implication du frère et conseiller du Président dans ces affaires, estiment nos sources.

Jamais l’Algérie n’a été aussi menacée dans son existence que ces dernières années, en raison de sa rente pétrolière. La mauvaise gouvernance, la corruption et les intérêts politico-politiciens ont fini par la livrer à l’ancienne puissance coloniale et aux Etats-Unis qui, aujourd’hui, ont pratiquement le monopole sur deux secteurs stratégiques et les plus sensibles : le transport et l’énergie.

En effet, le groupe français Alstom s’est vu attribuer le plus gros des infrastructures de transport public, comme le métro d’Alger qu’il a équipé et qu’il dirige pour une durée de dix ans, et dont la gestion a été confiée à la société française RATP, celle-là même qui assure la gestion de l’aéroport d’Alger. Alstom a bénéficié également des marchés de tramways, téléphériques et trains rapides, mettant ainsi tout le secteur des transports publics entre les mains d’un seul groupe, à savoir Alstom, qui, faut-il le rappeler, se débattait au milieu des années 2000 dans une crise financière assez grave qui a suscité des mesures de mise en chômage de centaines de ses employés en Europe.

Selon des spécialistes, les marchés qu’il a obtenus en Algérie constituaient une «véritable bouffée d’oxygène» pour sa trésorerie. Comment a-t-il pu avoir la mainmise sur autant de projets dans le secteur des transports, alors que sa santé financière était au plus bas ? Très simple. Son représentant à Alger n’était autre qu’un cadre (algérien) du service commercial de l’ambassade de France, qui avait un excellent carnet d’adresses, vu qu’il intervenait souvent pour faciliter l’octroi des visas à de nombreux responsables et personnalités influentes. Un réseau sur lequel a beaucoup compté Alstom, en lui offrant le poste de directeur général de son bureau d’Alger.

Quelques années plus tard, ce responsable est rappelé en France, où il a bénéficié d’une promotion qu’il ne tardera pas à laisser tomber pour revenir à Alger, après avoir accepté l’offre de General Electric (GE), pour diriger son bureau en Algérie. C’est surtout son carnet d’adresses et son réseau de connaissances qui intéressaient le groupe américain pour réaliser des affaires. Celles-ci vont s’avérer très rentables, puisque il va rafler 90% des marchés de turbines en Algérie. Pourtant, les experts sont formels. Les prix qu’il pratique sont excessivement élevés. Ils affirment qu’une centrale de 1000 MW ne dépasse pas un milliard de dollars.
Ce qui a été confirmé récemment par le ministre de l’Energie, Youcef Yousfi. Or, le groupe a obtenu la centrale électrique de Koudiet Draouech (El Tarf), d’une capacité de 1200 MW, pour un montant de 2,3 milliards de dollars. Curieusement, son offre n’était pas loin de celle d’Alstom, 2,2 milliards de dollars, qui a d’ailleurs obtenu la réalisation de la centrale de Terga (Aïn Témouchent). Y a-t-il eu entente tacite entre les deux groupes, sachant qu’ils ne voulaient pas faire baisser leurs offres, comme l’a souhaité Sonelgaz ? On n’en sait rien. Ce qui est certain, c’est que les deux centrales d’une capacité de 1000 MW chacune ont coûté à l’Etat 5,5 milliards de dollars.

Durant la même période, faut-il le préciser, le canadien SNC-Lavalin réalise la même centrale à Tipasa pour 826 millions de dollars et au mois d’octobre 2012, le sud-coréen Daewoo s’est vu attribuer la réalisation d’une centrale similaire, à Cap-Djinet, pour un montant de 910 millions de dollars. Mieux. En mars dernier, General Electric (GE) a obtenu le marché de fourniture de six nouvelles centrales électriques de 8400 MW entrant dans le cadre du plan d’urgence de renforcement des capacités énergétiques durant la période 2015-2017, pour un montant de 2,5 milliards de dollars.

Le groupe assure uniquement la fourniture des centrales tout en s’engageant à réaliser une usine de turbines, «dont la réalisation ne dépasse pas le montant de 80 millions de dollars», expliquent nos interlocuteurs. Pour ces derniers, GE «a décroché le gros lot et devient de fait le principal fournisseur de centrales électriques en Algérie». Etant donné qu’il n’est qu’un équipementier, le projet ne peut être lancé.

Il faudra attendre que Sonelgaz sélectionne les entreprises chargées d’intégrer les équipements et de construire les centrales. «Or, les constructeurs connus qui ont pour habitude de soumissionner pour de tels travaux n’ont pas été intéressés. Il ne reste sur le marché que les Turques, les Chinois et les Sud-Coréens pour être l’interface d’un mégaprojet assez complexe.

La crainte de tout le monde, c’est que ce marché soit donné à des sociétés incompétentes en la matière. Pourquoi avoir octroyé un aussi important marché à un groupe qui ne peut ni construire les infrastructures ni en assurer l’étude, sachant que cette partie du marché est très importante pour le projet ? A-t-on bien réfléchi à l’intérêt de l’Algérie en mettant toutes les centrales électriques entre les mains d’un seul fournisseur ?», s’interrogent des spécialistes avec lesquels nous nous sommes entretenus. Ils se demandent si «le fait d’avoir partagé le marché en deux étapes ne répond-il pas à la nécessité de masquer un énième éventuel surcoût». Pour nos sources, il ne faut plus s’interroger sur les raisons qui ont fait que l’ancien ministre de l’Energie, Chakib Khelil, n’a pas été inquiété par la justice, en dépit des graves révélations qui le compromettent.

A-t-on peur d’arriver au frère du Président, Saïd Bouteflika ? «Ces affaires sont trop importantes pour ne concerner que la personne du ministre. Lorsque Alstom et General Electric ont soumissionné pour obtenir les marchés des centrales électriques de Terga et de Koudiet Draouech, ils ont fait des offres trop importantes. 

Mais il y avait une volonté avérée de les retenir. On leur a demandé de revoir à la baisse leurs offres, mais ils ont refusé. Malgré cela, ils ont obtenu chacune une centrale. Alstom a obtenu la construction de la centrale de Terga, pour un montant de 2,2 milliards de dollars, dans un délai de réalisation de 45 mois, et General Electric, la réalisation de la centrale de Koudiet Draouech, pour une enveloppe de 2,3 milliards de dollars, dans un délai de 48,5 mois. Mieux, comme ces deux groupes ne sont pas des constructeurs, ils ont fait appel à des sous-traitants. Si General Electric a sous-traité avec l’espagnol Iberdrola, Alstom s’est tourné vers Orascom Construction.

Le choix de cette entreprise égyptienne n’est pas fortuit. A l’époque, elle a été bien appuyée par les plus hauts dirigeants du pays, notamment par le président de la République et son frère conseiller», révèlent nos sources. Pour celles-ci, si Chakib Khelil n’a pas été inquiété en dépit des graves accusations portées contre lui, c’est tout simplement parce qu’il n’est pas l’unique ordonnateur de ces marchés. «Les autres sont tapis à plus haut niveau de l’Etat. Ils ont mis le pays entre les mains des Américains et des Français, uniquement pour acheter leur bénédiction. Ramener l’ex-ministre à s’expliquer, c’est prendre le risque de le voir tout déballer sur le cercle présidentiel, d’autant que certains n’hésitent pas à faire la campagne pour le quatrième mandat, alors que des informations faisaient état de la création, par le frère du Président, d’un parti politique en prévision de la prochaine échéance présidentielle. En réalité, Chakib Khelil n’est que l’arbre qu’il faudra protéger pour qu’il puisse continuer à cacher la forêt, ou plutôt le clan présidentiel», concluent nos interlocuteurs.

هكـذا التهـم الفسـاد 273 مليــارا من أمـوال الحــج

mardi 23 avril 2013

  • تقرير أسود للمفتشية العامة للمالية حول قطاع الشؤون الدينية
  • مديرية الحج أجّرت عقارات وهمية في المملكة العربية السعودية
دحض التقرير الذي أعدته المفتشية العامة للمالية حول وزارة الشؤون الدينية والأوقاف بالأدلة القاطعة، تصريحات وزير القطاع بوعبد الله غلام الله التي سبق وأن نفى من خلالها وجود فساد مالي خلال عهدته على رأس القطاع منذ 1997، حيث يكشف التقرير الذي تحوز ”البلاد” نسخة منه، كيف تم التلاعب بأموال الحج ونصب أكثر من 273 مليار و397 مليون سنتيم خلال ثلاثة مواسم فقط.

ويشير التقرير إلى تورط المسؤولين عن اللجنة الوطنية للحج والعمرة في خرق قانون الصفقات العمومية، من خلال تسديد فواتير غير قانونية لوكلاء خواص بقيمة مليار و617 مليون، وخرق قواعد التسيير المالي بقيمة 208 مليار و980 مليون سنتيم، وكذا تسجيل أعمال غير شرعية تخرق قواعد المحاسبة العمومية بقيمة 62 مليار و800 مليون سنتيم تقريبا. ويوضح التقرير أن تقدير الميزانية المخصصة لتنظيم موسم الحج يتم بصفة عشوائية، حيث لا يستند إلى أي دراسة مسبقة، خلافا لما تنص عليه المادة 2 من المرسوم التنفيذي رقم 01/ 262 المؤرخ في 18 أكتوبر 2001 المحدد لصلاحيات اللجنة الوطنية للحج والعمرة، وهذا ما يسهل عملية التدليس والتستر على الثغرة المالية الكبيرة التي تم الكشف عنها في هذا القطاع الذي يفترض أن يكون أبعد قطاع عن فضائح الفساد.
وتأخذ المفتشية العامة للمالية في تقريرها على اللجنة الوطنية للحج والعمرة، تقديمها للحكومة في نهاية كل موسم للحج تقارير تقييم مالي غير شاملة، وذلك للتغطية على وجود اختلاف بين الأرقام المقدمة والأرقام الحقيقية.

حجاج على ”ظهر الدولة” يكلفون الخزينة 940 مليون سنتيم تقريبا
ويتطرق تقرير مفتشية المالية إلى تشكيل بعثة الحج، مبينا وجود خلل في توزيع ”الكوطة” على مختلف القطاعات، إلى جانب التكفل في إطار بعثات الحجاج بتكاليف أداء ”ضيوف” البعثة للمناسك المقدسة، الذين يستفيدون من نفس مزايا الفوج المرافق، حيث تم تقدير الأثر المالي الناجم عن التكفل بهؤلاء الحجاج من نوع خاص، بـ938 مليون سنتيم خلال الفترة من 2003 إلى 2006.
من جهة أخرى، تجاوزت الميزانية المخصصة لإقامة البعثة في السعودية قدرها الحقيقي خلال الفترة نفسها بـ14 مليار و890 مليون، منها أكثر من 13 مليارا تم صرفها في مكة ومليار و325 مليون في المدينة.

كما سجلت نقصا في الميزانية المخصصة لنقل الحجاج بين محلات إقامتهم وأماكن العبادة بـ 185 مليون سنتيم. وفي الإطار ذاته، كشف التقرير عن تحويل مبلغ 40 مليار سنتيم إلى حساب اللجنة الوطنية للحج والعمرة بالسعودية بتاريخ 4 جانفي 2005 من أجل اقتناء عقار وهمي في المدينة المنورة، بالإضافة إلى تأجير عقارات أخرى في المدينة المنورة بقيمة900 ألف ريال سعودي دون القيام باستعمالها، وكذا الاستفادة من ميزانية خاصة لتهيئة هذه العقارات الشاغرة وصرف الميزانية لأغراض أخرى، حيث لم تتم مباشرة أي أعمال لتجهيزها. ويضيف التقرير أن أعضاء اللجنة صرفوا أزيد من 400 مليون سنتيم في ظرف 3 سنوات على وقود السيارات فقط وذلك خارج أوقات العمل. كما قامت باقتناء سيارات دون فواتير.  من جانب آخر، تطرق تقرير المفتشية إلى حالة التسيب الإداري التي تطبع المعاملات المالية لوزارة الشؤون الدينية، حيث إنها لا تقوم بجرد الممتلكات المنقولة وغير المنقولة بالسعودية. كما لا توجد أي أدلة أو تقارير أو وصولات بنكية للمفوضين لمرافقة الحجاج تبين ما أنفقوه من الميزانية خارج إطار البعثة، بالإضافة إلى انعدام أي اتصال أو تبادل معلومات بخصوص الحسابين البنكيين المفتوحين في كل من الجزائر والسعودية.

للتذكير، فإن ملف الفساد المالي بقطاع الشؤون الدينية أصبح بين أيدي العدالة، حيث اطلع وكيل الجمهورية لدى محكمة بئر مراد رايس على كافة تفاصيل القضية، في انتظار أن يقول القانون كلمته بخصوص الفضيحة التي تهز أركان بيت غلام الله.

أمينة عبروش