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| Ministre des Finances, Karim Djoudi |
La dernière augmentation spectaculaire des revenus des parlementaires, les faisant passer de quelque 150 000 dinars à plus de 300 000 dinars, est intervenue à la veille de l’amendement de la Constitution, destiné à sauter le verrou de la limitation des mandats présidentiels à deux, afin de permettre au président Bouteflika de briguer un troisième mandat. Ce nouveau cadeau fait aux parlementaires intervient à la veille d’une révision constitutionnelle annoncée, qui pourrait changer l’architecture institutionnelle du pays par un retour à la fonction de chef de gouvernement en lieu et place de celle de Premier ministre et par la création du poste de vice-président, entre autres.
Les Algériens ont accusé le coup, habitués à ce type de manœuvres dans un pays où tout ou presque tout peut s’acheter, et ne sont que passablement choqués. Tout serait donc passé sans encombre si, quelques jours après seulement, une autre annonce n’était venue semer le trouble. Il s’agit de la déclaration du ministre des Finances, Karim Djoudi, qui préconise un gel des salaires des travailleurs en s’appuyant, entre autres, sur le recul de la production d’hydrocarbures et le reflux des recettes générées.
Le ministre tire donc la sonnette d’alarme sur l’état des finances publiques et dit le danger qui menacerait les équilibres financiers du pays, si l’on venait à accorder les augmentations de salaires réclamées ici et là, à travers des manifestations et des mouvements de grève qui se multiplient ces derniers mois et touchent plusieurs secteurs. Ce serait faire insulte au ministre de la République que de remettre en cause le bien-fondé de son constat.
Mais la proximité de ces deux évènements, celui par lequel la cagnotte des députés et des sénateurs se voit renflouée par l’équivalent de plus de cinq fois le SNMG et celui qui annonce l’impossibilité matérielle, pour raison de sécurité et d’équilibre financiers, d’augmenter un tant soit peu les petits salaires, invite inévitablement à faire le parallèle entre les deux. Et cela a du mal à passer.
Cela donne l’impression, en effet, que l’Algérie d’en haut nargue l’Algérie d’en bas. Ce n’est pas la première fois que cela arrive, mais à force de tirer sur la corde… En tout cas, cela ne peut qu’aiguiser les rancœurs et aggraver les tensions. Et ce n’est jamais bon pour un pays qui ne manque déjà pas de problèmes et de raisons d’inquiétude

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