Fait unique dans les annales et qui mérite d’être inscrit dans le Guiness-book, Hamid Melzi est à la tête de pas moins de 5 entreprises publiques. Oui, pas moins de 5 entreprises publiques ! Comme si en Algérie, il y a pénurie de cadres pour confier 5 entreprises publiques en même temps à un homme qui n’a jamais fait d’études supérieures.
Selon des témoins qui l’ont connu en début de carrière, Hamid Melzi avait commencé comme apprenti-maçon dans la même entreprise qu’il dirige aujourd’hui. Une entreprise qui ne semble plus lui suffire. Ses mentors, tant qu’il les sert à satiété, n’y vont pas avec le dos de la cuillère pour le placer à la tête de toute entreprise où il y a le gain facile, loin de tout contrôle. Ainsi, Hamid Melzi cumule avec le poste de Président-Directeur Général de la résidence d’Etat de Club des Pins les postes de :
- Président-Directeur Général de la SIH
- Directeur général de la Société de développement hôtelier (SDH), une société mixte algéro-libyenne.
- Directeur Général de la Société de développement hôtelier du Sud
- Président du Conseil d’Administration de la société mixte «Société d’ingénierie et de développement en Algérie (SIDEVAL)».
Ce cumul de fonctions ne peut qu’engendrer un conflit d’intérêt qui se déclare lors des négociations d’honoraires ou de l’élaboration des budgets de réalisation, comme le souligne le représentant de la société franco- luxembourgeoise INTERORG dans la société mixte SIDEVAL dans un mémorandum daté du 6 juin 1963. Ce représentant subira les foudres de guerre de la part de Melzi pour avoir refusé de jouer le jeu qu’il voulait lui imposer.
Refusant de se soumettre à son bon vouloir, lui tout puissant P-DG de 5 entreprises publiques, il n’hésitera pas à proférer des menaces (d’expulsion d’Algérie) et des insultes à l’encontre du représentant d’INTERORG comme ce fut le cas le 26 octobre 2002. Et ce «devant une partie du personnel de SIDEVAL», précise le représentant de la société INTERORG dans un rapport daté du 19 mars 2003.
Dans ce même rapport, il est souligné que Hamid Melzi a confié, plus d’une fois, de gré à gré à la société ADD la conception de 123 villas construites dans le cadre de l’extension de la résidence d’Etat du Sahel. Quant au marché de réalisation, il a été confié à la société chinoise CSCEC. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, ces décisions ont été préjudiciables à la société mixte SIDEVAL dont l’Algérie détient 40% du capital et dont il co-préside le Conseil d’administration.
Le partenaire franco-luxembourgeois n’a pas manqué de se plaindre de ces décisions préjudiciables à une entreprise dont les intérêts sont partagés entre les deux partenaires. Ledit partenaire souligne dans son rapport que «les relations de Monsieur Melzi avec les sociétés ADD, Castelli et CSCEC sont très étroites et pénalisent le développement de SIDEVAL. En effet, tous les projets pour lesquels ADD et SIDEVAL soumissionnent, sont systématiquement confiés à ADD, sans pour cela que la prestation d’ADD soit plus performante que celle de SIDEVAL». Etrange gestion que celle de M. Melzi ! Dans quel but agit-il de la sorte ? Il faut rappeler que ces sociétés privilégiées par le directeur de l’EGT Sahel sont des sociétés étrangères non immatriculées en Algérie, alors que SIDEVAL est une société algérienne employant des salariés algériens et étrangers. Et dire que la création de cette société mixte avait fondé le partenariat sur la distribution des rôles. Compte tenu de ses relations, M. Melzi devait développer le commercial, tandis qu’INTERORG son savoir-faire, ses références et ses compétences, comme souligné dans le rapport daté du 19 mars 2003.
Non seulement, Hamid Melzi octroie des marchés aux sociétés concurrentes au détriment de la sienne, mais il va jusqu’à la mettre en difficultés financières. C’est ce qui s’était passé avec la Société de développement hôtelier (SDH) dont il est le directeur général. La SDH est une société mixte algéro-libyenne dont Melzi est le DG. Il se trouve, donc, à la tête de deux sociétés qu’il met en conflit en refusant de cosigner un chèque de l’une au profit de l’autre. Ce refus de signer met en péril la situation financière de la deuxième (SIDEVAL) et pénalise ses salariés algériens qui seront privés de leur salaire durant un mois. Une volonté délibérée de nuire à une entreprise dont il est le président du Conseil d’administration. Si ce n’est pas du sabotage, comment qualifierait-on ces agissements ?
Alertés par le partenaire étranger, les pouvoirs publics n’ont pas réagi et Melzi demeure un super patron que nul n’oserait toucher. A quoi est due cette puissance ? Qu’est-ce qui explique sa longévité à la tête d’une entreprise qu’il gère mal, économiquement et socialement, en soumettant le personnel à une hogra indescriptible. C’est ce que nous verrons dans notre prochaine édition.
Par Hichem Aboud

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