Dimanche 22 juin 2014
Promotion et protection des droits de l’homme selon des standards
internationaux et définition d’un calendrier de réformes à engager à
court terme.
Quatre ONG internationales interpellent l’Union européenne sur la
situation des droits de l’homme en Algérie, jugée «sombre». Elles
demandent au principal partenaire étranger de l’Algérie d’agir pour
remédier à cette situation.
Saisissant l’opportunité des négociations sur le plan d’action entre
l’Union européenne (UE) et l’Algérie dans le cadre de la politique
européenne de voisinage (PEV), le Réseau euroméditerranéen des droits de
l’homme (REMDH), Amnesty International, Human Rights Watch et la FIDH
fixent les principaux objectifs devant être mis en avant dans la
coopération entre les deux partenaires.
«Nous attirons l’attention de l’UE sur la nécessité d’adopter des
objectifs concrets dans le domaine des droits humains, assortis d’un
calendrier de réformes devant être engagées à court terme par l’Algérie
en impliquant la société civile algérienne indépendante de manière
constructive», précisent ces organisations dans un communiqué commun
rendu public hier. Les signataires de ce document estiment également
«important de définir des indicateurs précis permettant une évaluation
objective et régulière de la situation fondée sur les standards définis
dans les conventions internationales relatives aux droits humains».
Réitérant leur appel à donner la priorité au respect des droits
humains, y compris l’égalité homme-femme, les quatre ONG exigent des
autorités algériennes d’adopter des mesures tangibles dans ce domaine.
«Face à ce constat sombre partagé par l’UE, nos organisations
considèrent que les négociations en cours sont une opportunité majeure
pour l’UE de mettre concrètement en œuvre, dans ses relations avec
l’Algérie, ses engagements relatifs aux droits de l’homme et à la
société civile, tels que définis à la fois dans sa politique européenne
de voisinage révisée et dans le plan d’action du cadre stratégique de
l’UE en matière de droits de l’homme et de démocratie», lit-on dans ce
document.
Ces organisations dénoncent notamment les restrictions des libertés d’association, de réunion et de manifestation.
Selon elles, l’Algérie ne dispose pas de loi pénalisant de manière
adéquate les violences faites aux femmes et les discriminations à leur
égard demeurent ancrées en droit et en fait.«Par ailleurs, la
coopération de l’Algérie avec des experts et mécanismes des Nations
unies, mais également les ONG internationales de défense des droits
humains, reste très limitée, voire inexistante en dépit des demandes
répétées de ces acteurs de pouvoir se rendre en Algérie», déplorent ces
ONG, qui exigent l’abrogation de certains articles de la loi sur les
associations et la suppression du décret interdisant, depuis 2001, les
réunions et manifestations à Alger.
Elles demandent également aux autorités algériennes d’assurer la
protection des femmes et des filles contre les violences liées aux
genres, y compris en adoptant une législation qui pénalise la violence
contre les femmes sous toutes ses formes. Dans ce sens, les quatre ONG
exigent l’abrogation des dispositions du code pénal et du code de la
famille qui sont discriminatoires à l’égard des femmes et des filles.
Madjid Makedhi
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